Cinéma plein air

Organiser un cinéma en plein air, de A à Z

Le film et ses droits, l'autorisation à déposer, l'heure exacte où il fait assez noir, la taille de la toile, le vent : tout ce qu'il faut avoir réglé avant la séance, dans l'ordre et avec les délais. Écrit par un fabricant d'écrans français depuis 1992.

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Séance de cinéma en plein air sur écran gonflable Hallucine à la nuit tombée, public installé devant la toile

1. Trouver la bonne date

Une séance a besoin d'un prétexte. Voici douze occasions qui reviennent chaque année, et ce que chacune impose côté horaire, jauge et lieu.

Janvier

Vœux du maire

Une projection à la place du discours. Nuit tombée dès 18 h : la séance peut commencer tôt, mais le froid limite la durée.

Février

Saint-Valentin

Petite jauge, séance tardive. C'est l'occasion des formats intimes — cour, jardin, terrasse d'hôtel.

Mars

Journée des droits des femmes

Le 8 mars. Programmation forte, public assis, souvent à l'abri : un écran de taille moyenne suffit.

Avril

Vacances de printemps

La nuit noire arrive vers 21 h : la séance famille redevient possible sans faire veiller les enfants.

Mai

Nuit européenne des musées

Public déambulant, pas assis. La projection sert de décor : privilégier l'image sur le son.

Juin

Fête de la musique

Le 21 juin, la nuit arrive le plus tard de l'année : 21 h 58 à Marseille, 22 h 49 à Lille. Annoncez la vraie heure, ou le public repartira avant le générique.

Juillet

Fête nationale

La jauge maximale de l'année, et le seul soir où le public est déjà dehors. Séance après le feu d'artifice : prévoir grand.

Août

Nuit des étoiles

Le public regarde le ciel autant que l'écran. Choisir un lieu sans éclairage public, et une nuit sans lune si possible.

Septembre

Journées du patrimoine

Le monument devient le sujet. La nuit noire revient vers 20 h 30 et les soirées restent douces : la meilleure fenêtre de l'année.

Octobre

Halloween

Le 31 octobre, il fait noir à 18 h partout en France : c'est la seule date où une séance à 18 h 30 marche pour les enfants. Attention au froid et à l'humidité au sol.

Novembre

Commémorations

Le 11 novembre appelle les archives et les films historiques. Presque toujours en intérieur — l'écran gonflable s'y monte aussi.

Décembre

Marché de Noël

Séance courte, debout, en boucle. L'écran travaille comme une animation, pas comme une salle.

Et le sport

Tour de France, coupes, grands matchs : ce sont les seules séances de plein jour. Elles ne se projettent pas — elles demandent un écran LED.

Gonflable ou LED ?

Découvrez toutes les séances près de chez vous

L'agenda national du cinéma en plein air, mis à jour chaque nuit, classé par département.

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2. Le film et ses droits

Les étapes 2 et 3 décrivent la règle française. Voir la règle pays par pays

C'est l'étape où les projets s'arrêtent. Il ne s'agit pas d'une formalité mais de deux autorisations distinctes, qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre : celle de l'ayant droit du film, et celle de l'administration. Il faut les deux.

L'accord de l'ayant droit

Projeter un film devant un public suppose l'accord de celui qui en détient les droits. Un DVD ou un Blu-ray acheté dans le commerce, loué, ou emprunté en médiathèque est acquis pour le cercle de famille : le projeter en public est interdit. Il faut passer par le distributeur ou une société spécialisée dans la diffusion non commerciale.

Pour savoir qui détient les droits d'un film, le registre du cinéma et de l'audiovisuel répond au téléphone : 01 44 34 37 76.

La règle de l'année, celle que personne ne connaît

En séance non commerciale, un long métrage ne peut être projeté qu'un an après la date de son visa d'exploitation. Le CNC ne prévoit aucune dérogation. Autrement dit : le film de l'été dernier est hors jeu, et le succès de l'année aussi.

Un long métrage, c'est 60 minutes et plus. En dessous, le court métrage échappe à ce délai comme à toute limitation de nombre de séances — une piste réelle pour une soirée de programmation.

Les séances non commerciales ne sont pas soumises à l'obligation de visa, mais les avertissements et interdictions portés par le visa s'appliquent, et la responsabilité de l'organisateur reste engagée vis-à-vis du jeune public.

Source : CNC, dispositions communes aux séances non commerciales.

3. Les autorisations à déposer

Trois guichets, trois délais. Aucun ne prévient si vous l'oubliez.

L'autorisation du CNC

Toute projection en plein air d'un long métrage, gratuite ou payante, y est soumise. La demande se fait en ligne, une par région traversée, et doit partir au moins trois semaines avant la date — un mois est recommandé. Elle est instruite par la direction régionale des affaires culturelles, puis signée par le président du CNC.

Le point de vigilance : pour les séances de juillet et août, le dépôt ferme début juin. En 2026, la date limite était le 10 juin. Une demande envoyée fin juin pour le 14 juillet arrive trop tard.

Trois critères pèsent dans la décision : le lieu et le nombre de séances, l'intérêt social et culturel, et la situation locale de l'exploitation cinématographique — comprendre : l'effet sur la salle du coin.

La déclaration à la SACEM

Elle est préalable et obligatoire. Attention au malentendu le plus courant : la SACEM couvre la musique du film, jamais le film lui-même. Son accord ne remplace en rien celui de l'ayant droit.

L'occupation de l'espace

Une place, un parc, un parking appartiennent à quelqu'un. Occuper le domaine public suppose une autorisation de la commune, parfois assortie d'une redevance, et un arrêté si vous fermez une rue. Le CNC le rappelle lui-même : son autorisation ne dispense d'aucune des démarches liées à une manifestation recevant du public.

Ce que vous n'avez pas le droit d'annoncer

Le matériel publicitaire des distributeurs — les affiches officielles — est réservé aux séances commerciales. L'annonce peut nommer l'organisateur et le titre du film, mais doit rester culturelle. Et une séance gratuite ne doit pas servir à promouvoir un commerce ou un produit : c'est écrit noir sur blanc dans le code du cinéma.

Une bonne nouvelle

Les séances en plein air ne comptent pas dans le quota qui limite les associations à six séances payantes par an. Elles relèvent d'un régime à part.

Source : CNC, demande d'autorisation de projection.

Et ailleurs ? La règle pays par pays

Installer un écran dans un parc ou sur une place ne suffit pas pour organiser une projection publique. Il faut disposer des droits du film, respecter le régime applicable à l'événement et préparer l'accueil du public. Ces trois dimensions existent dans les sept pays étudiés, mais elles ne relèvent pas des mêmes interlocuteurs et ne suivent pas les mêmes procédures.

La France encadre spécifiquement le plein air non commercial. L'Espagne protège également l'exploitation des films récents dans certains programmes publics. Les États-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne donnent davantage de place aux accords avec les distributeurs et aux autorisations locales. L'Italie associe droits cinématographiques et formalités de spectacle ; le Portugal distingue l'enregistrement du promoteur, la déclaration de l'événement et la classification des œuvres.

Ce guide vise les séances ponctuelles et les cycles temporaires ouverts au public. L'exploitation permanente ou saisonnière d'un cinéma, les drive-in, les festivals bénéficiant d'un régime particulier et les projections scolaires peuvent relever de dispositions supplémentaires. La partie britannique couvre l'Angleterre, le pays de Galles et l'Écosse ; elle ne couvre pas l'Irlande du Nord.

Les règles communes : trois autorisations à ne pas confondre

Les droits du film

Une projection publique d'une œuvre protégée requiert l'accord des ayants droit, sauf exception légale applicable. Cet accord s'obtient auprès du producteur, du distributeur ou d'un représentant habilité pour le territoire concerné. Acheter un DVD, louer un fichier ou souscrire un abonnement de streaming ne confère pas, en soi, le droit de montrer le film au public. La gratuité, le statut associatif ou l'objectif culturel ne constituent pas une exemption générale.

Sources : GOV.UK — Showing films and TV shows in public · U.S. Copyright Office — 17 USC, chapitre 1 (§ 106, droit de représentation publique) · MPLC Italie — Projections en plein air

L'autorisation administrative

Elle porte sur l'événement, le lieu ou l'activité d'exploitant. Une licence de film ne réserve pas un parc et ne vaut pas autorisation de recevoir plusieurs centaines de personnes. Réciproquement, l'accord d'une mairie ne transfère aucun droit de projection. Le périmètre exact dépend du pays et, souvent, des collectivités compétentes.

Les droits musicaux

Ils peuvent nécessiter une démarche distincte. C'est notamment le cas avec la SACEM en France, la GEMA en Allemagne et la SIAE en Italie. Il faut demander ce que couvre effectivement le contrat : la musique incorporée au film, la musique d'accueil et un éventuel concert sont des utilisations différentes. Filmbankmedia renvoie également ses clients britanniques vers PRS for Music pour la couverture musicale adaptée.

Sources : CNC — Diffusion non commerciale, dispositions communes · GEMA — Tarif T · SIAE — Projections cinématographiques et audiovisuelles · Filmbankmedia — Questions sur les licences et les droits musicaux

France

Public assistant à une projection de cinéma en plein air Hallucine en soirée
Les droits du film
L'accord de l'ayant droit — producteur, distributeur ou représentant habilité — par le distributeur ou une société de diffusion non commerciale. En plein air non commercial, un long métrage de 60 minutes ou plus ne se projette qu'un an après l'obtention de son visa ; le CNC n'annonce aucune dérogation.
La musique
Démarche SACEM distincte, à traiter même en séance gratuite : elle couvre la musique du film, jamais le film lui-même.
L'autorisation de la séance
Autorisation du CNC après examen régional, pour une séance gratuite comme payante ; l'examen tient compte du lieu, du nombre de séances, de leur intérêt social et culturel et de la situation des cinémas locaux. Les DRAC fixent leurs dates de dépôt ; la commune autorise la manifestation et l'occupation du domaine public.
Jeune public et particularités
« Non commercial » ne veut pas dire gratuit. Les séances en plein air n'entrent pas dans les six séances payantes associatives ; un cinéma autorisé peut déplacer une séance, en régime commercial, hors délai d'un an. Le matériel publicitaire des salles ne se reprend pas automatiquement.

En détail

Une projection non commerciale en plein air d'un long métrage, d'une durée de 60 minutes ou plus, nécessite une autorisation du CNC, après examen régional. Cette obligation vaut aussi pour une séance gratuite. Le film doit respecter un délai d'un an à compter de l'obtention de son visa. Le CNC n'annonce aucune dérogation à ce délai dans ce régime. L'examen tient compte du lieu, du nombre de séances, de leur intérêt social et culturel et de la situation des cinémas locaux.

Sources : CNC — Séances en plein air, régime et déplacements de séances

Le calendrier doit être anticipé : les DRAC peuvent fixer des dates de dépôt liées à leurs commissions et à la saison estivale. Il faut consulter celle de la région concernée, sans supposer qu'une demande tardive sera examinée à temps. L'autorisation cinématographique ne dispense pas des démarches pour la manifestation et l'accueil du public.

Sources : Ministère de la Culture — Procédure plein air en Hauts-de-France

Deux nuances changent la préparation du projet. Les séances en plein air n'entrent pas dans le décompte des six séances payantes associatives. Par ailleurs, un cinéma autorisé peut demander un déplacement de séance : cette projection relève alors du régime commercial et échappe au délai d'un an. Recourir à un simple prestataire technique ne suffit pas à bénéficier de ce régime.

Sources : CNC — Séances en plein air, régime et déplacements de séances

La notion de « non commercial » ne signifie donc pas nécessairement « gratuit ». Les droits du film et la démarche SACEM restent à traiter. Le CNC précise aussi que les projections non commerciales doivent se distinguer de l'offre des salles homologuées et que le matériel publicitaire destiné à l'exploitation commerciale ne peut pas être repris automatiquement. Une programmation régulière demande d'examiner le statut d'exploitant approprié.

Sources : CNC — Diffusion non commerciale, dispositions communes

Télécharger la fiche France (PDF)

Tableau récapitulatif

Séances publiques ponctuelles. Les droits du film sont à obtenir dans les sept pays. Les mentions « disponibilité du distributeur » ne constituent pas une garantie d'accès aux nouveautés. Les sources et exceptions sont détaillées pays par pays.

PaysAutorités et démarchesFilms récentsPoint à retenir
FranceCNC / DRAC ; démarches locales ; SACEM.Un an après le visa en plein air non commercial.Déplacement de séance possible par un cinéma autorisé ; régime distinct.
AllemagneAyants droit ; GEMA ; autorités du Land et de la commune.Disponibilité du distributeur.FSK et accompagnement des mineurs selon l'âge et l'heure de fin.
Grande-BretagneAngleterre/Galles : licence du lieu ou TEN, sauf exemption. Écosse : cinema licence ou exemption locale.Disponibilité du distributeur.TEN : 499 personnes maximum, personnel compris. Ne s'applique pas en Écosse.
États-UnisAyants droit ; permis de la ville et de l'État selon le projet.Disponibilité du distributeur.Contrat pouvant encadrer billetterie, publicité et concurrence.
EspagneAyants droit ; autorités régionales et municipales selon l'activité.Douze mois après la sortie pour les administrations : séances gratuites ou à prix symbolique.Exception possible après consultation professionnelle ; pas de délai général pour tous.
ItalieAyants droit ; SIAE ; commune / SUAP ; SCIA ou autorisation selon le cas.Disponibilité du distributeur ; pas de délai général d'un an identifié.SIAE : bande musicale. Vérifier séparément les droits du film et le dossier de sécurité.
PortugalIGAC : promoteur et classification. Municipalité : communication de l'événement, sauf exemption.Disponibilité du distributeur ; pas de délai général d'un an identifié.Régimes occasionnels et exemption liée à certaines autorisations de distribution IGAC.
Télécharger le tableau récapitulatif (PDF)

Préparer une séance : les décisions qui évitent les blocages

Définir le projet avant de réserver les droits

Préparer une fiche indiquant le pays, la commune, le site, le statut de l'organisateur, la date principale et la date de repli, le public attendu, le film, la langue, le support, le prix d'entrée et les partenaires. Ces données permettent au distributeur et à l'administration de répondre sur un événement concret.

Distinguer les délais légaux des délais de traitement

Le délai français lié au visa, le délai espagnol applicable aux administrations et le préavis du TEN britannique n'ont pas le même objet. Prévoir plusieurs semaines de préparation est une recommandation d'organisation, pas un délai légal universel. Une commission régionale ou un permis local peut imposer une anticipation supérieure.

Obtenir un accord écrit couvrant le plein air

Faire préciser le nombre de séances, le territoire, le support autorisé, la publicité, les recettes à déclarer et les conditions de report. Une licence annuelle, une autorisation pour un autre pays ou les conditions d'un cinéma partenaire ne se transposent pas automatiquement à un nouvel événement.

Sources : Filmbankmedia — Single Title Screening Licence · Swank — Conditions pour les parcs et loisirs, réservation et report

Préparer l'accueil et l'exploitation du site

Faire valider, selon les règles applicables, la jauge, les circulations, l'accès des secours, les installations électriques, les sanitaires, l'accessibilité et les nuisances sonores. Pour l'écran, demander au prestataire les consignes d'installation, d'ancrage ou de lestage et les limites météo. Définir qui surveille les conditions et décide d'interrompre la séance. Aucun seuil de vent unique ne peut être donné pour tous les écrans et tous les sites.

Sources : Commune de Bari — Dossier de spectacle, pièces techniques et sécurité des installations temporaires · San Diego — Special Events, préparation des événements · ADA National Network — Événements temporaires accessibles

Établir un budget et répartir les responsabilités

Prévoir séparément droits du film, éventuels droits musicaux, location du site, technique, assurance, sécurité, communication et fiscalité applicable. Dans le contrat de prestation, identifier qui réserve le film, déclare l'événement, contrôle les âges, gère la billetterie et traite l'annulation. Les tarifs d'un distributeur ne constituent pas un barème légal national.

L'absence d'une autorisation comparable au CNC ne signifie donc pas absence de réglementation. La comparaison utile porte sur le projet réel : film récent ou de catalogue, séance municipale gratuite ou exploitation payante, lieu déjà équipé ou installation temporaire. Les sources officielles fixent le cadre ; les collectivités et les ayants droit précisent les conditions du cas concret.

Vrai ou faux ? Sept questions, une par pays

Une relecture qui se corrige toute seule : répondez, la source tranche. Rien n'est enregistré.

  1. France

    En France, une séance gratuite en plein air d'un long métrage n'a pas besoin de l'autorisation du CNC.

  2. Allemagne

    En Allemagne, un jeune de 15 ans peut assister seul à une séance qui se termine à 23 h.

  3. Grande-Bretagne

    En Angleterre, un Temporary Event Notice couvre jusqu'à 499 personnes présentes, personnel compris.

  4. États-Unis

    Aux États-Unis, une projection gratuite dans un parc municipal est libre de droits.

  5. Espagne

    En Espagne, une mairie qui organise une séance gratuite doit attendre douze mois après la sortie en salles.

  6. Italie

    En Italie, le permesso SIAE vaut licence d'exploitation du film.

  7. Portugal

    Au Portugal, une association qui organise au plus trois spectacles par an est dispensée de s'enregistrer comme promoteur auprès de l'IGAC.

Sources vérifiées le 4 septembre 2026.

Une erreur, une précision, une règle qui a changé depuis ? Écrivez-nous : nous corrigeons et nous citons la source.

4. Choisir le lieu

Un terrain se juge en plein jour, la veille au plus tard. Six choses à regarder.

Le recul

Deux distances à mesurer : celle du projecteur à la toile, et celle du premier rang. Trop près, le public lève la tête toute la séance.

Les lumières

Un lampadaire face à la toile ruine une image que 10 000 lumens ne rattraperont pas. Repérez ce qui s'éteint, ce qui s'oriente, et ce qui restera allumé.

Le vent

L'écran travaille comme une voile. On l'installe dos au vent dominant, jamais en travers, et on garde de la place derrière pour les haubans.

Le sol

Herbe et terre acceptent les piquets. Bitume, dalle, parking : il faut du lestage, et il faut l'avoir prévu — c'est lourd et ça ne s'improvise pas sur place.

L'électricité

La soufflerie tourne pendant toute la séance : elle doit avoir sa propre alimentation, indépendante du projecteur et du son. Sans réseau sur place, comptez un groupe électrogène et un jerrican d'avance.

L'accès

Le véhicule doit approcher de l'emplacement. Un écran de 10 mètres tient dans un utilitaire, mais personne n'a envie de le porter sur 300 mètres à la tombée du jour.

5. L'heure où il fait vraiment noir

L'erreur la plus répandue : annoncer la séance au coucher du soleil. Il reste alors 30 à 45 minutes de lumière, et l'image est délavée. La projection commence à la fin du crépuscule civil, quand le soleil passe 6° sous l'horizon.

Le tableau donne l'heure de début réelle, le 15 de chaque mois, pour trois latitudes. L'écart entre le nord et le sud atteint près d'une heure en juin — une séance annoncée à la même heure partout en France se trompe forcément quelque part.

Heure locale, calculée pour le 15 de chaque mois. Le coucher du soleil, lui, arrive 30 à 45 minutes plus tôt. Pour votre position exacte et pour ce soir, la carte plus bas fait le calcul.

Heure de début de projection, le 15 de chaque mois
MoisLilleLyonMarseille
Janvier17:4917:5517:59
Février18:3818:3718:38
Mars19:2519:1619:13
Avril21:1720:5820:51
Mai22:1021:4021:28
Juin22:4722:1021:56
Juillet22:3722:0421:50
Août21:4421:2121:12
Septembre20:3420:2220:17
Octobre19:2819:2519:24
Novembre17:3717:4217:45
Décembre17:2217:3117:36

La météo de votre séance

Une projection en plein air se prépare en surveillant le ciel : vent pour l'écran gonflable, risque de pluie pour le public. Consultez les prévisions de votre ville en un coup d'œil — et en cas de doute sur le vent, notre page Vent & sécurité vous donne les seuils à respecter.

Ce soir

Coucher du soleil

Début de la projection

Attention : on ne projette pas au coucher du soleil ! Il reste trop de lumière pendant 30 à 45 minutes. La projection démarre à la nuit civile, quand le soleil est à 6° sous l'horizon — c'est l'heure « Début de la projection » ci-dessus.

6. Le matériel

Quatre postes, dans l'ordre où ils se décident.

1

La toile

Elle se choisit sur le nombre de spectateurs et sur le recul disponible, pas sur le budget. Notre abaque donne la taille par jauge.

2

Le projecteur

Plus la toile est grande, plus il faut de lumière — mais la lumière parasite du lieu compte autant que la puissance de l'appareil. Un terrain sombre change tout.

3

Le son

Dehors, le son se dilue : il n'y a ni mur ni plafond pour le renvoyer. On sonorise vers le public, jamais depuis l'écran seul, et on écoute depuis le dernier rang avant d'ouvrir les portes.

4

La source

Fichier, disque, DCP : c'est l'ayant droit qui impose le format. On le reçoit à l'avance et on le lit en entier, sur le matériel de la séance, avant le jour J.

7. Le vent et le plan B

Un écran gonflable tient jusqu'à 38 km/h, soit force 5. Au-delà, la règle est simple et sans exception : on dégonfle. Un écran couché ne casse rien ; un écran qui reste debout dans une rafale emporte ses ancrages.

Surveiller le bon chiffre

Ce sont les rafales qui décident, pas le vent moyen. Une prévision à 25 km/h avec des rafales à 50 ne passe pas.

La pluie

Elle gêne le public bien avant de gêner le matériel. La question n'est pas la toile, c'est le nombre de spectateurs qui resteront.

Le plan B

Il se décide à J-2, pas le soir même : replier en salle, décaler d'un jour, ou annuler. Et il s'annonce au public en même temps que la séance.

8. Le rétroplanning

À imprimer et à cocher. Les délais ne sont pas des conseils : trois d'entre eux sont réglementaires.

  1. J-60Choisir le film et vérifier la date de son visa : il doit avoir plus d'un an. Demander l'accord de l'ayant droit.
  2. J-45Réserver le matériel, ou le prestataire. Repérer le terrain de jour.
  3. J-30Déposer la demande d'autorisation au CNC — une par région. Pour juillet et août, ce dépôt se fait début juin.
  4. J-30Demander l'autorisation d'occuper le lieu à la commune, et l'arrêté si une rue se ferme.
  5. J-21Déclarer la séance à la SACEM.
  6. J-15Annoncer la séance — sans affiche de distributeur — en indiquant l'heure réelle de début, pas le coucher du soleil.
  7. J-7Regarder les prévisions. Confirmer l'équipe. Vérifier sur place l'électricité et les points d'ancrage.
  8. J-2Recevoir le film et le lire en entier sur le matériel de la séance. Trancher le plan B.
  9. Jour JMonter deux heures avant la nuit. Gonfler, ancrer, régler l'image et le son, écouter depuis le dernier rang.
  10. LendemainFaire sécher la toile avant de la ranger. C'est ce geste-là qui décide de sa durée de vie.

9. Le budget

Sept postes. Le matériel n'est ni le premier ni forcément le plus lourd.

  • Les droits du film — variables selon le titre, la jauge et le caractère gratuit ou payant de la séance.
  • Le matériel : loué pour l'occasion, ou acheté une fois pour toutes.
  • L'électricité : raccordement, ou groupe électrogène et carburant.
  • L'équipe : montage, projection, démontage. Comptez la soirée entière.
  • La SACEM.
  • L'assurance de la manifestation.
  • La communication.

Nous ne publions pas de tarif au forfait : une séance de 200 personnes dans un parc et une séance de 2 000 sur une place n'ont pas le même matériel. Décrivez la vôtre, le chiffrage part le jour même.

Prix & devis

10. Déléguer, louer ou acheter

Trois voies, et la question se tranche sur le nombre de séances par an — pas sur le prix d'une séance.

Vous n'avez ni l'équipe ni le temps

Une séance se confie aussi entièrement : le prestataire arrive avec le matériel, monte, projette et remballe. C'est le métier de beaucoup de nos clients, partout en France. Dites-nous le lieu et la date — nous savons qui couvre votre secteur.

Nous écrire

Vous projetez une à deux fois par an

La location reste la bonne réponse : pas de stockage, pas d'entretien, du matériel vérifié avant chaque départ.

Louer pour un événement

Vous projetez toute une saison

À partir de quelques séances par an, l'achat se discute sérieusement : le matériel s'amortit, et vous ne dépendez plus du planning de personne. C'est le choix des cinémas itinérants et des ciné-ligues, qui enchaînent parfois trente dates dans l'été.

Le cinéma itinérant

Cinéma plein air : vos questions

Faut-il une autorisation pour projeter un film en plein air ?

Oui, et deux plutôt qu'une. Celle de l'ayant droit du film, sans laquelle rien n'est possible, et celle du CNC, obligatoire pour toute projection en plein air d'un long métrage, qu'elle soit gratuite ou payante. La demande se dépose en ligne, une par région, au moins trois semaines avant la date.

Peut-on projeter un film sorti cette année ?

Non, pas en séance non commerciale : un long métrage ne peut être projeté qu'un an après la date de son visa d'exploitation, et le CNC ne prévoit aucune dérogation. Les courts métrages, eux, ne sont soumis à aucun délai.

À quelle heure commence une projection en plein air ?

À la fin du crépuscule civil, soit 30 à 45 minutes après le coucher du soleil — pas au coucher du soleil. En juin, cela va de 21 h 56 à Marseille à 22 h 47 à Lille. Notre tableau donne l'heure mois par mois, et la carte météo la calcule pour votre position.

Quel écran choisir pour un cinéma en plein air ?

Le bon écran dépend du nombre de spectateurs et du recul disponible. Nos écrans vont de 3 à 24 mètres ; notre abaque donne la taille conseillée par jauge, et on vous aide à trancher selon votre terrain.

Jusqu'à quel vent peut-on laisser un écran gonflable debout ?

Jusqu'à 38 km/h, soit force 5, en surveillant les rafales et non le vent moyen. Au-delà, on dégonfle : c'est une règle sans exception.

Vaut-il mieux louer ou acheter le matériel ?

Une à deux séances par an : la location. Toute une saison : l'achat se discute, parce que le matériel s'amortit et que vous ne dépendez plus d'un planning extérieur. C'est le calcul que font les cinémas itinérants.

Prêt à projeter en plein air ?

Décrivez-nous votre événement — lieu, public, date — et on vous prépare un devis gratuit et sur mesure.